Sunday, March 14, 2010

Ah! Les jeunes!




Joy Sorman/ François Bégaudeau
Larousse, mars 2010

"Ils avaient 9/10 ans, lisaient très peu, mais ils étaient très intelligents, vifs, hyperactifs, bavards, circulaient dans les couloirs sur des baskets à roulettes, écrivaient des SMS @ka à la vitesse de la seconde sur les touches de leurs portables, écoutaient la musique sur mp3, se servaient de l’ordinateur avec une aisance incroyable et papotaient sur Messenger ou Hi5 en faisant leurs devoirs en communautés..." j'ai écrit à L'Apprentissage au rythme 'native speaker' en 2006.

On est en 2010! On écoute que les jeunes sont " incultes, insolents. Leur culture est affligeante: jeux vidéo stupides, rap ultraviolent, iPod en permanence sur les oreilles… Ils sont obsédés par les marques, ne savent plus écrire le français, ont des comportements autodestructeurs…"

Je fais un discours tout à fait contraire à ces commentaires ou opinions.
Les jeunes sont intelligents, ils ont une culture toute propre, essaient de profiter de ce temps de la vie et ils aiment suivre l'actualité.

La culture jeune d'aujourd'hui est contestataire, mais  elle l'était dans notre temps. Les valeurs ont changé, c'est tout!


Sur des bancs, sur des marches, sous des abribus, dans des caves, elle se retrouve, se regroupe, s’agrège, fait bloc. Pour quoi faire ? Rien d’autre qu’exercer et actualiser sa jeunesse.

Tout ça à propos de quoi? D'un livre qui vient de sortir chez Larousse signé par Joy Sorman et François Bégaudeau ancien professeur de français, auteur et acteur du film Entre les Murs, Palme d'Or 2008 au 61e Festival de Cannes, sélectionné par l'Académie des arts et sciences du cinéma pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.




Sur ce livre, les auteurs font une défense très illustrée de la culture jeune : 


SMS en « ortograf fonétik », Skyrock, Tecktonik (que de « k » !)… Il ne s’agit pas pour eux de faire preuve d’un optimisme béat, mais de nous amener à nous poser quelques questions. Une démarche iconoclaste, menée avec humour et amour, selon Patrick Williams.

De nos jours, une majorité d’adultes, psys, professeurs (pas tous, heureusement), parents, intellectuels, passent leur temps à se lamenter sur cette jeunesse qui, décidément, « fout le camp », continue-t-il.

L'évolution de l'école est là depuis une dizaine d'années, quand les premières générations Millenium sont arrivées! Mais on continue à regarder l'enseignement commme quelque chose de très académique et gare aux professeurs qui osent passer au-delàs cette atroce frontière. 

Il faut modifier certains programmes, clament ces profs! Quand? Comment?

Ce sujet  me passionne, depuis 2000. J'ai fait tout un chemin solitaire!
J'ai repensé les matières de mes cours, les sujets abordés, en y ajoutant l'analyse quotidienne de l'actualité. Les jeunes adorent ça et moi aussi. C'est ça la vie. On apprend avec tout ce qui nous entourent.

landing preview/gmail

J'ai ainsi osé  d'adapter les curricula aux intêrets des jeunes, mes élèves, et j'ai introduit les Technologies dans les cours de Littérature à partir les années 90: blogs, email, messenger, mp3, ipods, réseaux sociaux. 


apple

J'ai senti l'enthousiasme des "N-Gen" quand le Web 2.0 fut introduit dans mes cours faisant partie de la discipline. J'avais bien compris! Les jeunes apprennent d'avantage les matières pédagogiques quand on approche l'école de leur vie.


I think it's very important create new curricula crossing traditional pedagogy and digital tools for digital natives if we want keep them focus on school time!

Digital Teachers versus Digital Schools

Donc, revenons à ce livre dont les idées sont complémentaires de celles que je pratique en cours.

Scénario "Entre les murs"

Mais disons que nous essayons de démontrer que la culture jeune est une invention très récente (années 50 en gros). Et que cette culture est désirable, portée sur le plaisir, le corps. Nous répondons aux intellectuels dont le sport préféré est de décrier la jeunesse. Nous disons que cet affrontement est fatal, car le jeune, au sens large, représente tout ce que déteste l'intellectuel : bruit, mobilité, oubli, désinvolture, rien-à-branlade.
Je préfère réfléchir à la subversion. Qu'est-ce qui est subversif ? Je vais vous surprendre, mais je dirais la joie.

François Bégaudeau

"Penser la jeunesse, c'est se frayer un chemin parmi des discours, nombreux et forcément approximatifs, qui s'articulent autour d'elle. Discours lyriques, souvent. Au prix d'une sorte de lapalissade, la jeunesse est exaltée comme le moment de perfection de l'individu"

Joy Sorman/ François Bégaudeau, 'Parce que ça nous plaît, L'invention de la Jeunesse', extrait
Larousse, mars 2010


À lire, avec plaisir!

G-Souto


14.03.2010
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